Pierre LEMAITRE – Miroir de nos peines

Pierre Lemaitre et son 3ème Opus de la trilogie "les enfants du désastre", Miroir de nos peines.
Pierre Lemaitre, d’un prix Goncourt 2013

Pierre LEMAITRE, Prix Goncourt 2013, avec le premier opus « Au Revoir La Haut » de la trilogie « Les enfants du désastre », publie chez Albin Michel, début 2020 le 3ème opus « Miroir de nos peines » qui fait suite aux « Couleurs de l’incendie » publié en 2018.

LA GENESE de la Trilogie de Pierre Lemaitre

Avec « Au Revoir La Haut », nous sommes à la fin du 1er conflit mondial et suivons le difficile retour d’Edouard et Albert, Gueules cassées que la nation ne veut voir. Elle préfère honorer les morts. Dans ce livre, nous les suivrons dans leur vengeance contre ces politiciens et ces français ingrats.

Avec « Les Couleurs de l’Incendie », c’est l’entre deux guerres et la vengeance de Madeleine, soeur d’Edouard, qui consacre toute son énergie à reconquérir la fortune perdue, aux dépends de celui qui l’a dépouillée.

Avec « Miroir de nos peines », Pierre Lemaitre nous plonge au début des années 40 dans la drôle de guerre.

MIROIR DE NOS PEINES : Le Pitch

Pierre Lemaitre nous précipite dans les entrailles de la ligne Maginot aux cotés du sergent-chef Gabriel et du caporal Raoul. Les forces françaises sont stationnées tout au long des contreforts, de Dunkerque à Nice. L’objectif est simple : s’opposer à toute invasion. L’armée française est persuadée que l’ennemi n’osera et ne pourra envahir la France. La réalité est toute autre. Les Allemands contournent la ligne Maginot, traversent la Belgique par les Ardennes et pénètrent sur notre territoire. L’Etat Major doit déplacer les troupes pour contrer cette percée. La ligne Maginot devient un rempart illusoire. Les troupes allemandes, aguerries, bien armées, déciment une à une toutes nos défenses.

Carte de la ligne Maginot de Dunkerque à Nice
La ligne Maginot de Dunkerque à Nice
Fort de la ligne Maginot
Fort de la ligne Maginot
Intérieur de la ligne Maginot
L’intérieur de la Ligne Maginot

Les populations du Nord et de l’Ile de France fuient l’ennemi. Elles se pressent sur les routes pour un exode vers le sud de la France, tels Raoul et Gabriel. Après une ultime tentative de résistance réussie, en prenant tous les risques pour faire sauter un pont, ils rallient une de ces colonnes qui s’étire le long des routes.

L'exode sur les route
L’exode 1940
Une famille qui pousse la charette contenant les biens qu'ils ont pu sauver.

Au même moment, suite à un épisode très douloureux sur lequel s’ouvre le roman, Louise, institutrice et serveuse, part sur les routes de France à la recherche de Raoul, son demi-frère. Jules le cafetier, toujours amoureux de Jeanne, la maman décédée de Louise, l’accompagne. Nous suivons aussi Désiré, flamboyant et généreux mythomane, successivement avocat, délégué à l’information et finalement curé d’une paroisse dédiée à tous ceux égarés dans cet exode. Toutes ces destinées n’en feront qu’une et je vous laisse la découvrir.

Traction surchargée et peut être en panne

L’AVIS D’ANNIE : *****

Pierre Lemaitre, c’est la certitude d’une belle histoire dans un contexte historique qui est aussi un peu celui de chacun d’entre nous. Les tomes 2 et 3 peuvent être lus sans suivre la trilogie. Il est vrai que si vous commencez par « Au Revoir La Haut« , vous ne pourrez que poursuivre avec les deux derniers tomes.

En effet, le talent de Pierre Lemaitre ne se résume pas seulement à nous conter une histoire attachante, mais à le faire avec un style, un souffle épique qui jamais ne se relâchent. Nous sommes avec ses héros dans les tranchées, sur ce pont mitraillé, dans ce camps de prisonnier, sur les routes de l’exode, dans cette petite église… Car, par son immense talent, il fait de nous un compagnon de route et nous devenons le dernier héros de l’aventure. Vous dirai-je que j’aime énormément Pierre Lemaitre dont le prix Goncourt de 2013 m’a réconcilié avec cette Académie ?

Tome 1 : Au Revoir La Haut
Tome 1 : Au Revoir La Haut
Tome 2 : Couleurs de l'Incendie
Tome 2 : Couleurs de l’Incendie

Crédit Photo : La dépèche, La ligne.gif,Lapi Roger Viollet – Paris Musée,Le monde, Le Parisien,

3 Comments

  • Sillinger dit :

    Pardon de n avoir pas tout lu car je suis dissidente sur le passé qu’on ne peux plus transformer s’il ne produit pas une prise de conscience au présent.
    Et … je n ai pas saisi ce que ce livre peux me permettre de réfléchir pour être actif au présent.

    Pourtant, j espère m enrichir des réflexions résultants d’une lecture mais sur ce coup là ….je ne vois pas l’ issue concrète qui en ressort. Pourriez vous me donner votre propre réflexion sur ce point ?

    Chaleureusement attentive et merci pour votre démarche

    • annie dit :

      Votre réflexion m’a tout d’abord surprise. Pierre Lemaitre est un romancier et son livre a un premier objectif celui de nous distraire. De plus, en situant les intrigues de sa trilogie, à la fin d’un premier conflit mondial, dans l’entre deux guerres et au début de la seconde guerre mondiale, il nous aide à revisiter un pan de notre histoire. Dans le dernier opus, il évoque la Ligne Maginot. En construisant cette ligne, les pouvoirs politique et militaire ont anticipé sur un éventuel futur conflit avec l’Allemagne. Ils ont arrêté une seule option quant à l’attaque possible. Dommage, les allemands ont contourné la ligne Maginot. La construction de ces contreforts a couté très chère à la nation et au final cela n’a servi à rien si ce n’est à accélérer notre défaite en 1940. Nous n’étions pas là où il fallait. Ils auraient pu ne rien anticiper, et on le leur aurait aussi reproché. Et là, je réponds à votre préoccupation du lien avec le présent. Lorsqu’un danger est probable, nous pouvons envisager toutes les solutions possibles pour le contrer. Ainsi pour les épidémies, notre devoir est d’être prêts par tous les moyens. Si le virus ne se répand pas sur notre territoire, soyons certains que l’on reprochera au pouvoir politique les dépenses engagées (ex les vaccins et les masques de R Bachelot). Si le virus se répand et que rien n’a été prévu ou mal anticipé, le pouvoir politique sera vilipendé. Anticipé ou non ou mal, la leçon que nous retirons reste la même au fil des décennies. On ne retient que l’échec sans circonstances atténuantes. La défaite de 40 sera celle de l’Etat Major. Pour la gestion de la crise sanitaire du Covid 19, on ne retiendra que l’absence de masques… Doit-on pour cela, ne jamais faire de choix ? Je ne le crois pas. Déconfinement ou non, ouverture des écoles ou non, je ne souscrirai certainement pas à l’adage « il est urgent de ne rien faire ». Toute décision engage un choix et tout choix engage un renoncement, mais c’est ainsi que le monde peut se construire.

  • Barraille dominique dit :

    Merci de nous donner envie de lire et de revivre une tranche de notre histoire que l on apprend en classe ou par le récit des anciens mais qu il est agréable de retrouver’. On aime aussi découvrir des êtres surprenants. L auteur sait nous captiver et nous tenir attentifs tout le long de ces pages !
    À lire par ces temps de confinement !!

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