LA BELLE SAISON

LA BELLE SAISON avec Cecile de France
LA BELLE SAISON

La Belle Saison : nous sommes en Corrèze, dans le Limousin, Delphine fille d’agriculteurs, participe activement aux travaux de la ferme : moisson, traite et autres tâches sans beaucoup de distraction. Elle conduit le tracteur avec l’expérience et la compétence de ceux qui sont nés pour travailler en pleine nature sans le bruit et la pollution de la ville. Ces parents attendent qu’elle se marie et Antoine leur conviendrait bien (Kevin Azaïs, taiseux à souhait). Mais Delphine préfère les femmes et lorsque son amie de coeur lui apprend qu’elle va se marier (à la campagne, leur amour n’a pas d’avenir lui dit-elle) Delphine quitte la ferme et prend un emploi à Paris chez Potain. Nous sommes dans l’après 68, en 1971.

Un matin, en prenant son bus, elle rencontre Carole, hétéro, prof d’espagnol mais aussi féministe active qui l’invite à venir participer à l’une de leur réunion. Il est question de contraception, d’avortement, d’égalité des droits entre les femmes et les hommes, de la reconnaissance de l’homosexualité….

La Belle Saison  : le coup de foudre

Delphine (Isïa Higelin confirme son talent d’actrice) découvre un nouveau milieu dans lequel les idées bouillonnent, les femmes s’expriment librement sans aucun tabou. Elle est séduite par ces combats d’autant qu’ils sont portés par Carole, libre, solaire, lumineuse (merveilleuse Cécile de France) et dont elle tombe amoureuse. Carole est attirée par cette femme si différente. Elle est en couple avec Manuel et cette attirance la trouble au point qu’elle en fait part à Manuel. L’amour est plus fort, Carole succombe le jour ou renonçant à une manif, elle retrouve Delphine dans son studio, sous les toits. La vie de Carole est bouleversée, Manuel souffre et elle va devoir choisir.

La belle saison : le choix

Delphine doit rejoindre la ferme. Son père, victime d’une crise cardiaque, ne peut plus assumer les travaux. Sa mère seule (Noémie Lvosky) n’y suffira pas. Carole souffre cruellement de l’absence de Delphine, quitte Manuel et rejoint son amour en Corréze. Entre travaux de la ferme et étreintes passionnées, le temps s’écoule dans le plus grand bonheur, jusqu’à ce que la mère de Delphine découvre la nature de leur relation. Delphine va devoir choisir, partir avec Carole ou rester seule à la ferme…….

L’Avis d’Annie : La Belle Saison *****

La Belle Saison n’est pas simplement l’histoire d’un coup de foudre, le début d’une histoire d’amour, c’est aussi l’opposition entre la ville et la campagne, avec comme toile de fond la lutte des femmes pour reconnaître leur droit de choisir de mettre ou non fin à une grossesse (1974 n’est pas loin), de choisir ou non la contraception, de vouloir le même salaire que les hommes pour la même tache (et le combat n’est pas encore gagné !)…… C’est aussi, se battre pour que l’homosexualité ne soit pas considéré comme une maladie (dixit la mère de Delphine). Ce sont toutes les luttes de cette seconde partie du XXème siècle pour la reconnaissance entre autre du statut de la femme.

La Belle Saison, ce sont les moissons, cette campagne que Catherine Corsini filme avec l’amour que l’on porte à ce que l’on a sans doute partagé dans le passé. La mère qu’interprète avec beaucoup de retenue Noèmie Lvosky incarne cette campagne d’il y a cinquante ans qui repose sur la domination masculine. Quand Delphine prend rendez vous avec le banquier sans en référer au Cuma (coopérative), la condamnation des agriculteurs est immédiate. La mère de Delphine sait qu’elle travaille autant qu’un homme, qu’elle ne perçoit aucun salaire, qu’elle n’aura pas de retraite, que seul son mari décide,  mais se révolter pour une répartition des rôles ne l’effleure même pas. « C’est tout de même mieux quand les hommes décident » dit elle.

La Belle Saison, c’est un amour saphique incandescent, dans une période charnière de l’après 68. Survivra t-il à cet été à la campagne ?

Les images de Catherine Corsini soulignent l’émotion qui se dégage de cet amour. La lumière magique et éphémère, la saison qui s’achève, le sentiment à la fois fort et fragile qui lie nos deux héroïnes d’un milieu aussi opposé, contribuent aussi à renforcer cette émotion à la limite de la rupture.

Sortie : le 19 août 2015

bande annonce

Réalisatrice : Catherine Corsini

Acteurs : Cécile de France, Izïa Higelin, Noémie Lvosky, Kevin Azaïs

Drame de 1 H 45

crédit Photo : Le bleu du miroir.fr

2 Comments

  • bottin-lecoq dit :

    Un film magnifique qui sent, certes, bon les foins, les années 70 et leurs combats mais nous ramène à la triste réalité du sexisme, de l’intolérance et de la discrimination, toujours hélas d’actualité.
    Il faut aller le voir : les images de notre belle vieille France rurale sont sublimes et les deux héroïnes nous émeuvent.
    Merci Annie pour votre résumé fidèle et votre critique juste et sensible.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *