BATACLAN : l’APRES

ATTENTATS DE PARIS

Le Bataclan, La Belle Equipe, Le Carillon, Le Petit Cambodge, le Comptoir Voltaire, le Stade de France resteront à jamais dans nos mémoires, pour les attentats terroristes et suicides perpétrés dans ces lieux ce vendredi 13 novembre 2015. Ils deviennent le symbole de l’incompréhension, de la sidération. Nous découvrons l’horreur de la guerre à notre porte.

130 personnes tuées, 350 blessés : pourquoi ?

L’après Charlie, l’après l’Hyper Cacher, l’après Bataclan :

Après les attentats de Janvier 2015, je me sentais révoltée et solidaire. Révoltée par cette violence absurde  et solidaire de ceux qui venaient de la subir aussi tragiquement.

Et bien sur, comme chacun d’entre vous, je m’interrogeais sur les causes et les remèdes à apporter.

Dans ces deux attentats, les causes me semblaient évidentes  :  Charlie parce que les caricatures de Mahomet et l’hyper Cacher parce que juif. Ces raisons, si elles ne justifiaient en aucun cas ces actes, si elles me révoltaient, elles me permettaient de penser (même de si cela était de manière fugitive) que j’étais à l’abri n’étant ni juive, ni dessinatrice, ni  policier  ! Ne soyez pas offusqués de ce propos. Que celui qui n’a pas, tout au fond de lui même penser ainsi, me jette la première pierre.

Et comme tout démocrate, j’allais de ma voix appeler au respect de la liberté et de la fraternité indépendamment de la couleur, de la confession, de l’orientation sexuelle, du handicap physique ou mental de chaque individu (cf les posts après les attentats de janvier).

Une pensée égarée :

Combien ma pensée et  mon analyse s’égaraient, se fourvoyaient. Avec le Bataclan, nous apprenons que chacun d’entre nous est une cible sans aucune discrimination ! Les caricatures, la confession, la fonction ne constituaient pas des causes (toutes aussi illégitimes les unes que les autres) mais servaient seulement de prétextes à ce déferlement de violence. Il fallait uniquement désigner un ennemi pour fédérer des âmes perdues autour d’un projet criminel.

L’histoire est riche de ces manipulations. L’une des plus violentes, des plus meurtrières, des plus monstrueuses en Europe remonte à la seconde guerre mondiale. Juifs, noirs, communistes, homosexuels, malades mentaux, tziganes furent ainsi les boucs émissaires d’une politique d’oppression au service d’un nationalisme « revanchard ». Mais l’Europe n’a pas le monopole de l’expression de ce nationalisme. Ici ou là en Afrique, en Asie, en Amérique et partout ailleurs de tels conflits sont nés plus meurtriers les uns que les autres. DAESH n’a rien inventé, il s’est inspiré de l’histoire récente avec la variante d’exporter son terrorisme.

Une Europe triomphante !

Nous avons créé l’Europe, imparfaite certes, pour éviter à jamais de tels drames. A cet égard, nous avons réussi à limiter les conflits dans ce périmètre. Mais l’Europe n’est pas le monde, même si parfois nous avons une forte tendance à l’oublier et confortons trop souvent nos intérêts au détriment des aspirations des autres peuples.

L’Afrique, le Moyen Orient sont à feu et à sang et ceux qui fomentent ces conflits, les exportent sur la vieille Europe et les Etats Unis, mus par la haine qu’ils vouent aux plus nantis. Et pour cela, nul besoin de dépêcher des armées.  Le recrutement se fait sur place auprès de jeunes français, de jeunes européens, issus de cette immigration de l’après guerre. Ils sont, pour beaucoup d’entre eux,  désoeuvrés,  dépourvus de tout projet professionnel, en échec scolaire, délinquants ayant déjà connus la prison et pourtant à la recherche d’un sens à leur vie.

Des immigrés oubliés ?

Cette génération issue de cette première immigration de masse nous en veut de ne pas avoir donné de véritables perspectives à leurs parents. Ces derniers ont largement contribué à la croissance économique de la France sans retour en terme d’intégration et de promotion sociale. Bien sur, ils ont bénéficié des prestations sociales, de l’accès à l’éducation pour leurs enfants. Mais qu’avons nous fait pour les intégrer eux. Après des dizaines d’années de présence sur le territoire français, de travail régulier dans nos entreprises déclarés ou non, nombre d’entre eux ne maîtrise pas encore le français, sésame indispensable pour sortir de la ghettoïsation et espérer l’intégration.

L’intégration : un choix libre et responsable

Il ne suffisait pas d’appeler à l’immigration lorsque nous avions besoin de main d’oeuvre, nous avions le devoir de nous préoccuper de leur intégration, de nous assurer qu’il maîtrisait le français, qu’ils comprenaient notre culture et l’assimilaient et enfin qu’ils faisaient leurs nos valeurs et notamment celle de la laïcité.

Sinon, il ne peut y avoir d’intégration. Si un immigré refuse l’intégration, il choisit lui même le retour à son pays d’origine. C’est aussi cela la liberté de choix. Tout choix est un renoncement. Je ne veux pas adhérer aux valeurs de fraternité, d’égalité, de liberté et de laïcité de la France, je renonce à y vivre.

Nous entendons souvent le reproche que ces parents là ont démissionné dans l’éducation de leurs enfants. Mais comment obtenir d’un enfant le respect, l’obéissance, le travail à l’école, lorsque le parent ne sait pas lire le carnet scolaire, qu’il ne sait pas remplir une feuille d’assurance maladie, qu’il ne peut se rendre à une réunion de parents d’élèves parce qu’il ne comprend pas ce qui se dit. Alors l’enfant devient l’adulte responsable et impose très vite sa loi dans le foyer. Il a le savoir dont les parents ont besoin. Comment pouvoir ensuite l’encadrer, l’éduquer, en s’assurant qu’il apprenne ses leçons, fasse ses devoirs et rentre avant la nuit tombée ?

Bien sur, tous les enfants ainsi élevés ne deviennent pas des criminels. Mais beaucoup d’entre eux comprennent que certains le deviennent et parfois dans leur silence à condamner les actes ainsi perpétrés, encouragent d’autres à les reproduire.

Des politiciens absents :

Cela fait près de cinquante ans que nous sommes assis sur une bombe sans réellement nous en inquiéter. Les politiciens de gauche et de droite n’ont apporté aucune solution, mais l’ont ils vraiment voulu. Chaque gouvernement s’est empressé de  nommer un ministre de l’intégration, ministère gadget sans de réels moyens financiers, sans aucune volonté de faire bouger le cadre, sans prendre les mesures indispensables pour dégoupiller cette grenade. Comment s’étonner que des Imams peu scrupuleux aient pu devenir des guides en attisant la haine et le mépris des autres et notamment des femmes ? Qu’avons nous fait pour que cessent ces prêches qui bafouent les valeurs de la république  ? Aucune fermeture de mosquée radicale, aucune expulsion d’Imam autoproclamé, pourtant souvent renié par leurs pairs.

Mesdames, Messieurs  les Politiques, cessez de vous agiter, de chercher à capter la lumière. Travailler dans l’ombre au service de la communauté à apporter des solutions pérennes aux problèmes posés.

UN Conseil Français du Culte Musulman plus contraignant :

Le CFCM doit continuer à condamner ces actes de terrorisme mais surtout prendre des mesures qui relèvent de sa responsabilité. Ainsi doit il dénoncer fermement ces Imams autoproclamés sans connaissance réelle du Coran, sans compétence dans l’interprétation des textes particulièrement complexes, qui incitent à la haine. Il doit se donner les moyens juridiques de poursuivre ces pseudos Imams en définissant un cadre dans lequel seuls les musulmans répondant à un certain niveau de compétence, de connaissance du Coran validé par le CFCM ou toute autre instance définie par la communauté musulmane, auront le droit de prêcher.

Un Grenelle de l’immigration ?

Nous craignons pour le réchauffement de la planète et à ce titre nous avons initié le Grenelle de l’Environnement. En cette fin d’année, La COP 21 mobilise les Chefs d’Etat de de Gouvernement de plus de 100 états pour s’engager sur des mesures qui contribueront à préserver la planète.

Dommage que nous ayons oublié d’initier le Grenelle de l’Immigration et de l’intégration, il y a 50 ans. A défaut, coupables d’être restés sourds aux attentes, la bombe nous explose en pleine figure.

Alors, brutalement, nous devons conjointement,

  • prendre toute les mesures d’exception pour s’opposer à de futures actions terroristes
  • sans oublier de prendre les mesures afin que les jeunes générations futures issues de l’immigration puissent croire en un demain fraternel et restent sourds aux sirènes du terrorisme.

avec l’espoir que cela suffise pour endiguer cette violence meurtrière.

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