CHAGALL & LE TRIOMPHE DE LA MUSIQUE

CHAGALL à la Philarmonie de la villette
Chagall : Profil d'Arlequin au cheval vert

CHAGALL en quelques dates :

Chagall est né Chagalov en Biélorussie en 1887 dans une famille de juifs commerçants et s’éteint à St Paul de Vence en 1985. Il a 98 ans. Très rapidement, il fréquente à Vitebsek les ateliers de Peinture. Il brave ainsi les interdits de sa religion. En effet, la tradition juive hassidique n’autorise pas la représentation de la figure humaine. De 1907 à 1909 Chagall séjourne à St Petersbourg dans un atelier qui se consacre aux décors des Ballets russes et découvre les oeuvres de l’avant-garde parisienne. Grâce au mécène  Goldberg, il obtient un prétendu emploi de domestique, condition nécessaire pour obtenir l’autorisation de résider  à Saint Petresbourg pour les juifs.

En 1911, Chagall s’installe à paris, rencontre les artistes peintres, écrivains et poètes de ce début du XXème siècle, réalise ses premières expositions à Paris et Berlin. Puis il rentre en Russie, se marie avec Bella Osenberg qui donne naissance à Ida leur fille en 1916. Il adhère aux idées révolutionnaires, prend la direction d’une école populaire des Beaux arts dont ses opposants obtiendront rapidement son départ. Il part pour Moscou où il travaille entre autre  au décor du Théatre juif. En 1922, Chagall part pour Berlin puis arrive à Paris en 1923. Il devient Français et jusqu’en 1941, il poursuit son oeuvre. L’occupation allemande l’oblige à quitter la France (les nazis l’ont classifié « artiste dégénéré »). Il arrive à New york, participe à la demande du Métropolitan Opéra à la création du ballet Aleko au Mexique et réalise plusieurs tableaux et rideaux de scène pour L’Oiseau de feu joué à New-York.

Bella meurt brutalement en 1944. Chagall rencontre Virginia Haggard qui devient sa nouvelle compagne jusqu’en 1951 et lui donne un fils David.

En 1948, il revient vivre en France, se marie avec Valentina Brodsky et poursuit son oeuvre.

Sa rencontre avec André Malraux, ministre de la culture est déterminante. Les deux hommes se comprennent merveilleusement et Malraux lui passera commande  en 1963 du Plafond de l’Opéra de Paris qui restera une de ses oeuvres majeures vouées à la postérité.

Chagall s’attache ensuite à la réalisation des panneaux commandés par le Lincoln Center de New York en 65 puis se consacre à la création des décors et costumes  de la Flûte enchantée pour le Métropolitan Opéra de New York en 1967.

Chagall et la Philarmonie :

Chagall et la Musique c’est à la Philarmonie, parc de la Villette à Paris depuis début octobre 2015. Quel autre lieu aurait-il  pu être plus adapté à cette exposition ? Aucun, il y a tant d’affinités entre Marc Chagall et la Musique que ce lieu lui semble dédié.

Il y a quelques années (2012), la Piscine à Roubaix avait déjà consacré une exposition à Marc Chagall sur ce thème mais le lien avec la musique n’était pas aussi présent.

A la Philarmonie, nous retrouvons des oeuvres majeures de Chagall. Elles nous restituent le lien étroit qui le lie à la musique, à l’opéra et aux ballets. En effet, Chagall a tout au long de sa longue carrière cherché à représenter  l’oeuvre créatrice des compositeurs et des chorégraphes. La musique fait partie de sa culture juive et de la tradition russe. La légéreté de son trait,  la quasi irréalité de ces personnages,  en font une oeuvre surréaliste. Dans la plupart de ces tableaux, nous trouvons quelques figures récurrentes :

  • l’Ange axesué, figure de substitution au travers de laquelle il arrive à exprimer la dimension quasi universelle de la création,
  • Le Coq, symbole national de la France et de la Russie (ses deux patries) conscience du peuple (observez l’acuité du regard !)
  • La Chèvre, symbole du sacrifice dans la tradition juive russe
  • Le Violon, figure symbolique du juif errant,
  • Le Cirque, l’âme russe et juive est festive et qui mieux que le cirque peut la représenter ?

Pourquoi aimons la peinture de Chagall ?

L’oeuvre est aérienne, légère,  colorée, symbolique. Elle élève notre âme au delà des contingences matérielles. Elle nous emporte dans un univers de rêves, nous plonge dans notre enfance, nous berce de l’illusion,  l’espace de quelques heures, que l’impossible n’existe pas. Elle fait de nous un être unique ni homme ni femme seulement une part de l’univers.

Le diaporama que j’ai réalisé et que vous trouverez en bas du post vous  plonge sans réserve dans l’univers de Chagall.

Chagall : L’Avis d’Annie *****

La première salle de l’exposition est consacrée à la fresque du plafond de l’opéra Garnier. Bien sur, il n’était pas possible de transporter l’oeuvre. Sur un grand écran, nous en trouvons une projection et toute l’originalité de l’exposition consiste à la mettre en mouvement. Dans cette fresque Chagall a représenté plusieurs tableaux, chacun consacré à un compositeur et à une de ses compositions majeures : Bizet avec Carmen, Tchaïkovsky et le Lac des Cygnes, Berlioz avec Roméo et Juliette, Debussy et son Pelléas et Mélisande, Wagner et son Tristan et Yseult, Adam avec Gisèle, Daphnis et Chloé de Ravel, L’oiseau de feu de Stravinsky ou la flûte enchantée de Mozart, la Traviata de Verdi, Fidelio de Beethoven et Orphée et Eurydice de Gluck.

Cette oeuvre circulaire est mise en mouvement et chaque tableau est illustré par la musique du compositeur dont la mesure rythme le tournoiement de la fresque. C’est absolument féérique, hynoptique. Le public, debout ou assis, communie avec le peintre et les compositeurs.

Les autres salles sont consacrées au travail de Chagall pour le Métopolitan Opéra au travers de l’Oiseau de Feu ou d’Aleko. Le travail de Chagall sur le cirque est largement représenté.

Quelques vidéos de représentations de ballets nous permettent d’admirer les panneaux de scène réalisés par l’artiste.

La dernière salle est consacrée au Théatre Juif, les première oeuvre de Chagall fortement empreintes de sa culture juive et russe.

La musique nous accompagne tout au long de l’exposition et nous partageons avec l’artiste cette harmonie des notes et des couleurs.

A la lumière de ce que nous vivons aujourd’hui (le terrorisme et ce qu’il engendre) ce sont quelques heures de bonheur, de grâce et  de beauté que nous offre Chagall.

Profitez des derniers jours de l’exposition, vous ne le regretterez pas !

 

Exposition : jusqu’au 31 janvier 2016

Ateliers d’enfants prolongés jusqu’au 6 mars 2016

Ouvrages de référence : Chagall et la Musique chez Gallimard, et hors série de Connaissances des Arts

 

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2 Comments

  • Béatrice dit :

    Magnifique diaporama !!! , j’ai moins de regret de n’avoir pu aller voir cette expo merci.
    J’adore ses tableaux où la musique et l’ amour l’ont toujours inspirés, avec Chagall la musique se donne à voir et la peinture à entendre….J’adore
    son livre « Ma vie » ressemble à ses tableaux !!

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